Menu Content/Inhalt
La fabrication du sabre japonais
Retour à l'accueil
La fabrication du sabre japonais Convertir en PDF
 

HIZUKURI: le modelage de la lame

    L'artisan forme d'abord le tranchant, puis la pointe, les cotés, et finit par le dos de la lame. Pour cela, il ne chauffe que de courtes sections (12 à15cm) à 1100° (jaune orangé) qui sont martelées jusqu'à ce que la température descende à 700°(rouge sombre).Martelé trop chaud, le métal perdrait sa structure composite,et trop froid il pourrait se briser.

    Le forgeron progresse de proche en proche tout le long de la lame. Cette partie réalisée par un artisan confirmé est rapide et semble trompeusement simple:en réalité, former des bords droits et d'épaisseur constante est très difficile.

    Le sabre a presque sa forme définitive, hormis l'absence de courbure et le tranchant qui est encore relativement épais : environ 2.5mm.Si il était trop mince, il se craquellerait lors du processus de trempe.

SHIAGE: la régularisation de la surface

    Une sorte de rabot à 2 mains est utilisé pour régulariser la surface: cet outil appelé SEN est constitué d'une lame d'acier trempé (parfois une section d'un sabre) avec un manche à chaque extrémité. Des limes non spécifiques vont servir à donner son profil définitif au dos de la lame:plat, rond, à 3 facettes, ou beaucoup plus classiquement en forme de V renversé. Le tranchant est également régularisé à la lime. On finit par un passage de l'ensemble des surfaces à la pierre (gros grain).Le métal du sabre est relativement rugueux afin que la pâte d'argile qui va être utilisée dans le cadre de la trempe adhère bien: toute trace grasse serait gênante et le forgeron ne touche plus la surface avec ses doigts nus.

TSUCHIOKI: la préparation du hamon

    Le HAMON est sur le sabre la ligne qui sépare la partie trempée ( YAKIBA) du reste de la lame. La trempe que l'on va voir au chapitre suivant est très importante car seul l'acier trempé peut être aiguisé et garder ensuite son tranchant. Mais si toute la lame était ainsi, elle serait trop cassante pour le combat. Le sabre Japonais a pour caractéristique un trempage de la seule partie coupante, conservant ainsi au corps de la lame une souplesse qui lui permet d'absorber les chocs et de supporter les torsions.

    Le problème pour le forgeron est double: premièrement, le tranchant doit être dur (mais sans excès), et cela dépendra de la température de la forge, du taux de carbone de l'acier, et de la méthode de trempage.

    Deuxièmement, un sabre Japonais doit être conforme aux canons esthétiques de la tradition. La zone de transition entre la partie dure du tranchant, laiteuse (cristaux de  martensite) et le reste de la lame n'est pas faite au hasard: elle est sous le contrôle total artistique du forgeron. C'est une partie essentielle du rendu esthétique final, et c'est  également une sorte de signature, identifiant sinon le forgeron, du moins son école. Le livre de référence de B.W.Robinson, « THE ARTS OF THE JAPANESE SWORD », recense 53 types de HAMON, depuis le simple SUGUHA (droit), jusqu'au poétique KIKU SUI (chrysanthème).

    Pour réaliser la trempe et dessiner ainsi le HAMON, le forgeron recouvre la lame d'un mélange d'argile réfractaire, de poudre de charbon de bois et de poudre de pierre à polir (OMURA ), ces 2 derniers composants pour éviter l'éclatement de l'enduit à la chaleur. Cet enduit est soigneusement malaxé : il doit être exempt de bulles ou de grumeaux. Il enduit alors le métal à l'aide d'une spatule, progressivement, en épaississant la gangue vers le dos où elle atteint 20 à 30 mm. Ceci va empêcher cette partie de se refroidir trop vite et donc de se tremper.

    Alors que l'argile est encore humide, il dessine alors la ligne de trempe. Une des formes les plus classique est le motif CHOJI  (trèfle), composé d'une multitude de petits jambages (ASHI) ce qui, outre l'aspect esthétique, prévient la lame d'ébréchures importantes. Pour cela, on laisse de fines traînées d'argile descendre vers le tranchant.

    On laisse ensuite l'enduit sécher, faute de quoi, il se craquellerait à la chaleur. La trempe peut avoir lieu, en chauffant le métal à une température donnée, et en le refroidissant en le trempant dans de l'eau également à une température précise (théoriquement, celle des sources en août ou en février).

Haut de la page