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La fabrication du sabre japonais
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SORINAOSHI: la régularisation de la courbure

    Durant la trempe, le métal près du dos de la lame se contracte en se refroidissant bien plus lentement que la partie non isolée du tranchant qui est à la fois en contact avec l'eau, mais également moins épaisse. Ceci augmente la courbure de plus d'un cm. Le forgeron doit donc former la lame avec une courbure moindre avant la trempe, voire même absente, et estimer grâce à l'expérience la courbure finale.

    Des réglages sont néanmoins en général nécessaires: si la courbure est trop prononcée, on peut remarteler le dos de la lame pour y étirer le métal. Si elle est insuffisante ou irrégulière, on utilise un petit bloc de cuivre dans lequel est creusée une rainure; on le chauffe au rouge, on y insère le dos de la lame sur quelques centimètres, puis on la retrempe, et à chaque passage la courbure est localement augmentée.

KAJITOGI: polissage grossier

    Il ne s'agit plus à proprement parler d'un travail de forgeron, mais beaucoup d'entre eux assurent le début du polissage avant d'envoyer le sabre à l'expert polisseur: ceci permet parfois de repérer de petits défauts, or un maître artisan serait consterné si le polisseur lui renvoyait la lame en la considérant trop défectueuse pour mériter un polissage de qualité.

    On utilise pour ce faire des meules dormantes: c'est à dire que le sabre est frotté sur des pierres à eau de grain dégressif. C ‘est à ce moment que le tranchant commence à mériter son nom et que les angles deviennent vifs, donnant au sabre Japonais sa géométrie particulière.

HI: les rainures décoratives

    C'est en général à ce stade que les rainures sont creusées. Elles n'existent pas systématiquement sur tous les sabres et sont de formes variées: longues ou courtes, simples ou doubles... .  Traditionnellement, elles se trouvent entre le dos et la crête sur le coté de la lame. Leur intérêt est surtout décoratif, mais elles peuvent servir à alléger les sabres longs. On utilise pour les creuser une plane à deux mains avec une lame type gouge en U d'acier trempé. Après avoir été creusées progressivement, ces gorges sont égalisées avec une lime, puis avec des pierres cylindriques de grain décroissant avant d'être polies avec un brunissoir en acier (une sorte de grosse aiguille qui écrase les irrégularités du métal). Tailler et polir deux gorges prend environ deux jours.

    Ces rainures peuvent être creusées postérieurement à la fabrication du sabre, parfois pour en cacher un défaut: elles prennent alors le nom de ATOBI.

HORIMONO: les gravures décoratives

    Les gravures décoratives ne se trouvent pas sur toutes les lames, loin de là. Elles sont parfois ciselées par le forgeron, mais sont le plus souvent le travail d'un artisan spécialisé.

    Elles sont généralement très traditionnelles, voire même formalistes: fleurs de cerisier, bambou, dragons, épées, Puis, mais aussi caractères sanscrits (ou BONJI) et motifs Bouddhistes.

    Elles sont sculptées avec un petit marteau et une série de ciseaux de tailles et formes variées.

    Là aussi elles peuvent être faites à posteriori pour dissimuler un défaut (une fente superficielle dans le métal, par exemple), on les appelle alors ATOBORI.

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