Menu Content/Inhalt
Morihei Ueshiba et l'Aikido
Retour à l'accueil

Index de l'article

  1. Morihei Ueshiba et l'Aikido
  2. Page 2
Morihei Ueshiba et l'Aikido Convertir en PDF
 

En 1925, après une expédition en Mandchourie avec Deguchi dont les péripéties flirtent avec le surréalisme, il se retira quelques semaine dans les montagnes de Kumano pour jeûner, prier, et "chercher l'essence du Budo" en utilisant l'idée de "kotodama" (langage de l'esprit) qu'enseignait le Shinto. A son retour au dojo, défié par un expert de Kendo, il le domina aisément, et immédiatement après, ressentit une illumination, un satori véritable (sumi-kiri). Il semble que ses capacités martiales se soient ensuite encore accrues. Les élèves venant de plus en plus loin, sous l'amicale pression d'admirateurs influents tels que l'amiral Takeshita et le comte Yamamoto, il donna des cours à Tokyo pour des élèves très choisis (noblesse et officiers supérieurs). Il y effectua plusieurs séjours avant de s'y installer définitivement en 1927 avec l'aval de Deguchi. Après un dojo provisoire dans la salle de billard de la résidence Shimazu, d'autres dojos furent ouverts, de plus en plus grands : en effet, les étudiants devaient faire la queue pour monter sur le tapis ! En 1930, il installa le Kobukan dojo à Wakamatsu-cho, où il se trouve toujours. Devenu très célèbre, il dut sélectionner ses élèves, mais accepta volontiers ceux envoyés par le grand Maître Jigoro Kano (dont Mochizuki Minoru) pour étudier, selon ses propres termes "le Budo idéal". Il accepta également ses premiers ushi-deshi (étudiants à demeure) à qui il mena la vie dure, selon les principes éducatifs de l'époque (signalons parmi eux Gozo Shioda, Rinjiro Shirata, Kenji Tomiki ,Yoichiro Inoue et Aritoshi Murashige).C'est l'époque du fameux "Dojo de l'enfer".

Morihei approfondit ses connaissances dans le Shintoïsme ancien auprès du fondateur de l'école Misogi : de nombreux exercices d'échauffement comme le "mouvement du rameur" sont dérivés des rituels du Misogi-no-gyo de Kawatsura (rituel de purification par le feu). La célébrité ne l'éloigna pas de l'Omoto-Kyo, et il continua à enseigner pour ses membres à Takeda-mura. Fin 1935, le gouvernement japonais interdit la secte et emprisonna Deguchi qui ne sortit de prison qu'en 1945. Morihei dut à sa notoriété de ne pas être trop inquiété, mais dut prendre ses distances avec l'Omoto-Kyo.

L'année 1936 marque donc une double rupture, puisqu'il rompit également ses relations avec Takeda Sokaku, dont il jugeait les principes trop éloignés de ses conceptions actuelles. Dans cette même optique, désirant s'éloigner des autres arts martiaux, il rebaptisa l'Aïki-Bujutsu en Aïki-Budo. Il signifiait par-là que l'efficacité n'était plus l'objectif de la pratique, mais un simple a-coté. Selon ses propres mots," C'est la Voie du Budo de faire nôtre le cœur de l'univers et de nous aider à accomplir, avec ténacité, notre mission d'amour et de protection de tous les êtres". La discipline continua à se développer jusqu'à ce que, en 1941, le gouvernement décide de regrouper tous les arts martiaux sous son égide. N'appréciant pas d'être assimilé aux autres Budo, Morihei confia le Dojo de Tokyo à son fils Kisshomaru et se retira à Iwama pour travailler la terre de nouveau et pratiquer l'Aïki-Budo. Le Dojo-sanctuaire fut dédié aux 43 divinités protectrices de l'Aïki. Ce transfert avait été décidé après une nouvelle transe religieuse : Le vrai Budo devait servir la paix, l'amour et la nature, permettre aux hommes de s'unir au Ki de l'univers. Il rebaptisa son art AÏKIDO. Il poursuivit durant la guerre la pratique à Iwama avec une poignée de disciples, (dont Morihito Saïto qui lui succédera dans ce Dojo) et même pendant la période d'interdiction des arts martiaux par les troupes d'occupation.

senseiEn 1948, l'interdiction fut levée pour l'Aïkido, sous l'égide d'une fondation : l'Aïkikaï. L'Aïkido se développa alors progressivement. De nouveaux Ushi-Dechi furent acceptés (dont Tamura, Yamada et tant d'autres), à partir de 1960, des étrangers vinrent (A. Nocquet) car Morihei, désormais O'Sensei Morihei Ueshiba, avait décidé d'ouvrir son Aïkido sur le monde après un rêve qu'il avait jugé prémonitoire pour le développement de l'Aïkido. A ce titre, des hauts gradés furent envoyés pour faire connaître l'Aïkido dans le monde entier. Ainsi eûmes nous les visites des Maîtres Mochizuki, Abe, Nakazono, Noro, et depuis 1964 accueillons nous Maître Tamura. D'autres pays reçurent les Maîtres Chiba (G.B.), Saotome (E.U.), Asaï (R.F.A.), Tada (Italie), Sugano et Murashige (Benelux), on ne peut tous les citer.


O'Sensei Morihei Ueshiba est décédé en 1969, dans sa 86ième année.